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Publié le par Rahma

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La 50ème page (2/3) :

Dès le début, le ton est donné. L’auteur pose le décor, dans le style polar des années soixante-dix : brasserie enfumée, bières et juke-box.

Des destins se croisent, sans jamais s’entremêler (pour le moment), laissant poindre une trame à la Anna GAVALDA[1] avec de pauvres âmes malmenées par la vie qui, dans la logique des choses, devraient finir par s’entraider pour démêler l’écheveau de leurs existences…

Il s’agit apparemment d’un huis clos et l’attente d’un garçonnet guettant la porte d’entrée ne fait qu’ajouter à l’atmosphère pesante - sans être oppressante - du roman.

Malgré quelques fautes de syntaxe, descriptions maladroites et autres répétitions incongrues, l’écriture de Sébastien RONGIER est, jusqu’à présent, vraiment agréable à lire ; enrichie, qui plus est, par un vocabulaire dont l’étendue reste assez vaste.

Le lecteur ne peut se départir du sentiment que certaines phrases n’ont été pensées que pour des considérations esthétiques. Si cette esthétique s’avère réelle, un effet « Exercices de style[2] » en découle, au rendu peu naturel - qui n’en est toutefois pas déplaisant en soi et ne ternit en rien l’éclat de plusieurs passages magnifiquement écrits, d’une beauté et d’une authenticité saisissantes.

L’auteur nimbe les faits, au moyen de passages rédigés en italique, d’une aura fantasmagorique, peut-être un peu trop abstraite et dérangeante, mais permettant d’établir un parallèle intéressant entre la réalité telle que la vit l’enfant et ce que ce dernier en fait dans son esprit lorsqu’il se déconnecte du monde…

L’écrivain parvient à instaurer une atmosphère de suspense et imprimer un certain rythme en multipliant les phrases très courtes et parfois sans verbes. Néanmoins, le dosage n’est pas toujours maîtrisé et le résultat en est tout-de-même paradoxalement lent.

Si l’histoire s’avère intéressante, le style révèle des irrégularités patentes. À suivre…

NB : j’ai cessé ma lecture au début de la page 51, ne voulant pas m’arrêter en pleine section. Cependant, la réelle coupure serait plutôt située à la page 39, où le fantastique rejoint enfin la réalité. Le passage en italique prend forme, prend corps et tout devient clair : l’enfant, dans la brasserie, attend et pleure.

Ce livre m’a été offert à l’occasion de ma participation à l’événement Les explorateurs de la rentrée littéraire, organisé par le site lecteurs.com.

La consigne était d’en faire un bref commentaire une fois arrivée à la page 50, puis de rendre un avis plus poussé à la fin de ma lecture.

Afin de partager cette expérience, vous pouvez vous référer à mon article Rahma, exploratrice littéraire.

[1] Ensemble, c’est tout ; La Consolante.

[2] Raymond QUENEAU

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